Publié le 15 juin 2026 • Par Ndiaye Mamadou – Analyste politique (Namfiyo)
Invité de RFI et France 24, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise revient sur sa rupture avec Bassirou Diomaye Faye, la gestion de la dette, le rôle du Parlement et les grands enjeux politiques à venir.
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Moins d’un mois après son départ de la Primature et son élection à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko s’est exprimé sur les tensions politiques actuelles, le rôle des institutions et les défis économiques du Sénégal.
Dans cet entretien, il se veut à la fois rassurant et ferme sur les principes de gouvernance.
« Pas de crise institutionnelle » selon Sonko
Ousmane Sonko rejette l’idée d’une crise politique majeure malgré sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Selon lui, les divergences relèvent du débat politique normal et ne menacent pas la stabilité du Sénégal.
« Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques. Il n’y aura pas de déchirure. »
Une Assemblée nationale indépendante
Le nouveau président de l’Assemblée insiste sur le rôle du Parlement comme contre-pouvoir.
Il affirme clairement qu’aucune complaisance ne sera accordée à l’exécutif.
« Il n’y a pas de chèque en blanc au président ni au gouvernement. »
Toutefois, il précise que le Parlement évitera les blocages inutiles et privilégiera l’intérêt national.
Une rupture politique assumée
Interrogé sur sa séparation avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko refuse de parler de « trahison ».
Il évoque plutôt un écart entre les engagements du Pastef et leur mise en œuvre actuelle.
La question d’une éventuelle exclusion du président du parti reste ouverte.
La dette au cœur des préoccupations
Sur le plan économique, Sonko met en garde contre certaines options de gestion de la dette.
Opposé à une restructuration précipitée, il appelle à des solutions adaptées aux intérêts du pays.
Il évoque aussi la notion de « dette odieuse », estimant que certaines dettes contractées sans validation démocratique pourraient être contestées.
Des positions fermes sur les institutions
Sonko insiste sur le respect des rôles constitutionnels :
- L’exécutif définit et applique la politique nationale
- Le législatif vote les lois et contrôle l’action gouvernementale
Il affirme que la cohabitation peut fonctionner sans confrontation directe, si chacun respecte ses prérogatives.
Sur les libertés et les questions sociétales
Concernant la législation sur l’homosexualité, Sonko défend la souveraineté du Sénégal.
Il affirme que la loi reflète les valeurs culturelles et religieuses du pays.
Il appelle également à éviter les dérives, notamment la stigmatisation des familles.
Perspectives politiques et internationales
Sur la présidentielle de 2029, Sonko reste prudent et renvoie la décision au parti Pastef.
Il plaide pour une Afrique plus intégrée et critique la dépendance envers les puissances étrangères en matière de sécurité.
Pour lui, les pays africains doivent renforcer leur souveraineté stratégique.
Un regard symbolique sur le match Sénégal–France
Interrogé sur la Coupe du monde 2026, il exprime son soutien aux Lions de la Teranga.
Il y voit aussi une dimension symbolique dans les relations entre l’Afrique et l’Europe.
Un positionnement entre fermeté et équilibre.
À travers cet entretien, Ousmane Sonko adopte une posture stratégique : soutenir le fonctionnement des institutions sans renoncer au contrôle démocratique. Un équilibre délicat dans un contexte politique en pleine recomposition.